Alors que les Éditions Écosociété et les auteurs du livre Noir Canada sont l’objet de deux poursuites-bâillons par les compagnies minières canadiennes Barrick Gold et Banro, Mirages d’un Eldorado s’inscrit dans un débat d’actualité auquel nous vous convions.
Mirages d’un Eldorado prend pour cadre géographique le nord du Chili, dans l’un des déserts les plus arides au monde, où l’action dévastatrice des compagnies minières canadiennes menace un écosystème fragile.
Notre «western engagé» s’articule autour du combat des habitants de la communauté agricole de la vallée Huasco alors qu’ils s’opposent à l’implantation des géants miniers Barrick Gold et Noranda (aujourd’hui Xstrata) à plus de 4000 mètres d’altitude au cœur de la Cordillère des Andes. Agriculteurs et représentants locaux nous mettent en garde contre les dangers liés à l’exploitation minière dans cette région de glaciers où les rivières prennent naissance, alimentent les productions agricoles et freinent l’avancée du désert d’Atacama.
La caméra dévoile la complicité du gouvernement chilien face à l’explosion sans précédent de projets miniers au potentiel destructeur. Le film dénonce aussi l’hypocrisie du gouvernement canadien face à ses propres compagnies minières qui corrompent les gouvernements étrangers et affaiblissent le processus d’évaluation environnementale. Ainsi, la grande permissivité dont jouissent les transnationales canadiennes au Chili est l’héritage de législations imposées sous la dictature de Pinochet et reconduites sous les gouvernements de la transition démocratique, inféodés au diktat de l’économie néolibérale.
Fort d’images époustouflantes et de confrontations éloquentes, Mirages d’un Eldorado ose défier les super puissants qui s’évertuent à nous faire croire que leur «mission divine» est de tirer profit des richesses naturelles, où qu’elles se trouvent dans le monde, tout en permettant aux communautés locales d’échapper aux ravages de la pauvreté endémique.
Le film sera présenté tour à tour par le réalisateur, des membres de Non à Pascua Lama Montréal et de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l'environnement de l'UQAM, des auteurs du livre Noir Canada et des participants à la production du film.
Version originale anglaise, française et espagnole avec s.-t. français
Biographie de Martin Frigon
Le travail documentaire de Martin Frigon trouve ses racines et son inspiration en Gaspésie. Alors qu’il découvre le cinéma direct, Martin se tourne vers cette région de son enfance et explore la parole riche et colorée de ses habitants. Pêcheurs côtiers dans Mourir au large et mineurs floués par la multinationale Noranda dans Make money. Salut, bonsoir! prennent la parole et militent en faveur d’un avenir meilleur pour la Gaspésie, ce véritable «tiers-monde intérieur» qu’on a très symptomatiquement nommé «région-ressource». Le genre documentaire lui permet de donner une voix aux «laissés pour compte», à ces remarquables oubliés dont la mémoire est rapidement évacuée par les actualités et l’histoire officielle.
Avec Mirages d’un Eldorado, son dernier film, il poursuit cette démarche dans l’hémisphère sud. Lors du tournage de Make money. Salut, bonsoir!, Martin Frigon apprend que la Noranda relocalise sa fonderie gaspésienne de Murdochville dans le nord du Chili. Dès lors, la suite du premier documentaire s’impose. Il signe ici un film dérangeant sur le comportement des minières canadiennes à l’étranger.
Outre ses occupations de documentariste, Martin Frigon, qui se passionne pour la parole, la critique sociale et l’histoire, embrasse l’écriture et publie simultanément un premier livre, Contes, légendes et récits de l’Outaouais, aux Éditions Trois-Pistoles.
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Gerardo Aiquel
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